samedi 5 janvier 2013

Un don par Bina


Toni Morrison est une auteure que je ne connaissais jusqu'à présent que de nom. Les premières pages m'ont un peu déstabilisée, ne sachant pas qui s'exprimait ainsi, avec autant de force.
''Belle femme qui a déjà eu la variole et la rougeole...Beau négrillon...''Ces annonces plongent le lecteur dans le contexte de l'esclavage.
Le roman retrace la vie de Jacob, fermier et négociant. Son parcours montre petit à petit la réussite de ses affaires, qui ne sont pas sans lien, semble-t-il, avec la canne à sucre dans les Barbades. Et pourtant, autour de lui, Jacob ne semble pas encourager l'esclavage, mais loin des yeux...
La narration se construit par couches successives. Nous suivons par alternance les points de vue de des femmes de la maison. La jeune esclave Florens, Sorrow, une blanche rescapée psychologiquement perturbée, Lina, la dernière survivante d'une tribu indienne. Et Rebekka, venue épouser Jacob, qui recherchait une épouse pour tenir une ferme.
Au fil du récit, les personnages prennent de l'épaisseur, et petit à petit on voit se dessiner la vie à la dure, les liens entre les personnages, les hiérarchies dans cette société sur laquelle les Blancs ont pris le pouvoir et l'exerçait sur d'autres hommes. Les récits de ces 4 personnes se rejoignent et se complètent lorsque toutes sont sous le même toit.
j'ai découvert aussi grâce à ce livre la situation de certains Blancs en situation de quasi esclavage pour payer leurs fautes ou celles de leurs proches. 
Le récit s'ouvre sur la narration de Florens, et laisse entendre qu'elle a du sang sur les mains. Il se clôt aussi avec son point de vue, et l'explication du titre. Pourquoi sa mère, esclave noire, a-t-elle voulu donner sa fille pour que leur maître, Senhor, puisse régler sa dette?

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